Le Réseau RADiS souhaite faciliter la transition alimentaire vers le bio local en région dinantaise. L’accessibilité des produits bio locaux a donc toute son importance ! Les citoyens connaissent-ils les lieux de vente de leur territoire ? En sont-ils satisfaits, et comment les améliorer ? Faut-il renforcer cette accessibilité, et comment ? Quels nouveaux modèles de vente privilégier ?

Un sondage a été réalisé du 1er août au 10 octobre 2023. En voici les principaux résultats.

Qui a répondu au sondage ?

  • 236 personnes ont participé au sondage, représentant au moins 566 personnes du territoire[1], soit 1,3 % de la population.
  • La participation est relativement homogène au sein des communes.
  • On observe une sous-représentation des personnes isolées et des personnes âgées (+ de 65 ans).
  • L’échantillon est diversifié au niveau de l’occupation des personnes : 100 employés, 31 indépendants, 56 pensionnés et 17 personnes sans emploi.
  • Parmi les répondants, 41 déclarent avoir un revenu faible, 175 un revenu moyen et 20 un revenu élevé.

[1] Ce chiffre tient compte du nombre de personnes composant le ménage.

Où les répondants achètent-ils leurs produits bio locaux ?

  • Les répondants se fournissent en produits bio locaux en épicerie (56 %), à la ferme (45 %), sur les marchés de terroir (18 %), dans des points de distribution (14 %), sur les marchés hebdomadaires (10 %) et dans les GAC’s (groupements d’achats collectifs) (2 %).
  • Le mode d’approvisionnement dépend largement des initiatives en place dans les communes (ex : marché de terroir d’Anhée, Point de R’Aliment de Godinne, épiceries…).
  • Le mode d’approvisionnement dépend de la situation du répondant. Par exemple, les personnes sans emploi et les personnes à revenu faible fréquentent peu les fermes.

Les répondants connaissent-ils les acteurs du territoire ?

  • Globalement, les acteurs de vente du territoire (producteurs, transformateurs et épiceries) manquent de visibilité : ils sont peu connus par les répondants. Parmi les 15 fermes, 5 sont connues par moins d’un quart des répondants. Les épiceries sont plus connues que les fermes.
  • Certains acteurs sont connus des citoyens mais ne sont pas fréquentés, ce qui peut refléter des problèmes d’accessibilité divers (prix, heures d’accès, localisation, gamme, modalités pratiques…).
  • Parmi les freins à l’accessibilité, la gamme, le prix, la localisation et les horaires sont le plus limitants.
  • Des recommandations ont été recueillies en fonction de ces critères, notamment le fait de disposer de lieux de vente centralisant les produits bio locaux (gamme complète), de manière à faire ses courses à un seul endroit.

Quelles sont les habitudes d’achats ?

  • Au niveau des créneaux d’ouverture, il est nécessaire de prévoir des plages horaires convenant à chacun car chaque type de clientèle a ses préférences : en semaine en soirée et le samedi matin pour les employés, en semaine en journée et le samedi après-midi pour les pensionnés et personnes sans emploi, etc. Le mercredi est un jour de semaine où l’affluence est moindre.
  • Parmi les répondants, 9 % ne sont pas motorisés et 64 % utilisent uniquement la voiture pour leurs courses.
  • Au niveau du lieu, les préférences dépendent de la situation des personnes. Les employés préfèrent une vente sur un axe de passage (retour du travail), les personnes non motorisées sont demandeuses d’une vente délocalisées dans les villages ou d’une livraison à domicile, etc. Globalement, la préférence va vers une vente centrale dans la commune, puis, sur un axe de passage, et enfin, une vente délocalisée dans les villages.
  • Les personnes souhaitant une vente délocalisée dans les villages via une épicerie mobile sont prêtes à payer un surplus de 7,4 % en moyenne (dépendant du revenu).
  • Trois quarts des personnes seraient intéressées de faire du bénévolat et de bénéficier de prix réduits.
  • Trois quarts des répondants peuvent faire une commande de leurs produits à l’avance, mais un quart préfère voir les produits avant de les acheter.
  • Au niveau de la gamme, les indispensables sont les légumes, les fruits, le fromage, les œufs, les produits laitiers, le pain et la viande.

Quelles sont les préférences pour les canaux de vente à mettre en place

  • Toutes les catégories de répondants mentionnent l’épicerie mobile en première option. Cependant, on ne distingue pas dans les résultats de différences selon la mobilité des personnes et leur besoin social (isolement…).
  • Les points de distribution arrivent en seconde place.
  • Les personnes sans emploi et à revenu faible sont attirées par les solutions d’autocueillette et de glanage.
  • Les GAC’s ne remportent pas beaucoup de succès, pour des raisons inexpliquées mais qui mériteraient une enquête, étant donné la proximité de ce mode d’approvisionnement avec les points de distribution, la possibilité de recruter des bénévoles parmi les clients et les possibilités d’économie financière de ce mode de vente. Un répondant proposait d’ailleurs de mettre en place des GAC’s au niveau des domaines sociaux pour favoriser l’accès aux produits (logistique, prix).

Que conclure pour le Réseau RADiS ?

Acteurs existants

  • Il est important de travailler la visibilité des acteurs existants.
  • Il est aussi important pour les acteurs existants de bénéficier de conseils en matière d’accessibilité.
  • Il serait intéressant d’enrichir la gamme des produits des acteurs, notamment les producteurs en vente directe, pour mieux répondre aux besoins des citoyens. Notamment via l’achat-revente ?

Nouvelles initiatives

  • On rencontre un intérêt privilégié pour l’épicerie mobile. Le surcoût surcoût que les répondants sont prêts à payer pour ce type d’outil (7,4 %) suffira-t-il à une rentabilité de cet outil ?
  • On rencontre aussi de l’intérêt, en seconde position, pour les points de distribution. Pourquoi les dernières initiatives mises en place sur le territoire (coperactive, Ruche qui dit oui, P-A Anhée…) n’ont-elles pas marché, par manque de consommateurs ?
  • Pourquoi les GAC’s ne rencontrent-ils pas plus d’engouement étant donné leur intérêt comme nouvelles initiatives à mettre en place ?
  • Il sera important de tenir compte des recommandations en matière d’accessibilité (horaires, gamme, modalités pratiques, etc.).
  • Il serait intéressant d’étudier comment le bénévolat peut réduire les prix de vente, vu que les trois quarts des répondants sont ouverts à cette possibilité (30 % oui, 44 % peut-être).

 

Nous remercions tous les participants à notre sondage pour le temps qu’ils ont bien voulu consacrer à cette enquête !